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Debat des chercheurs. Reflexions

From: Bernard Drobenko, France
Category: Category 2
Date: 21 Mar 2000
Time: 13:44:49
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Date: Tue, 21 Mar 2000 10:04:20 +0100 To: <frhs@frhs.net> From: Bernard Drobenko - CRIDEAU/CNRS <drobenko@drec.unilim.fr> Subject: Debat des chercheurs. Reflexions de B. Drobenko

Chers amis,

Istanbul, cinq ans apres !

Les chercheurs pourront s'interroger:

- sur l'etat de l'urbanisation sur la planete: nous avons passe le cap des six milliards d'etres humains, la ville apparait desormais comme le mode de vie majeur sur tous les continents;

- sur l'etat des lieux dresse a Istanbul: l'urbanisation releve un monde de plus en plus dual et des problemes majeurs ou coexistent: pauvrete, exclusion, degradation des conditions de vies, degradation de l'environnement (eau, dechets, air, sol) et degradation des services structurant avec richesses, coherence, equipements (voire surequipements), speculation et emergence de plus en plus generalisee de "quartiers proteges", y compris par des polices privees ou paralleles quant elles ne sont pas militaires;

- sur les principes et les objectifs fixes lors de la conference d'Istanbul: la declaration et le programme peuvent constituer a ce titre des elements de reference significatifs.

Comme l'ONU a dresse un bilan "cinq ans apres RIO", il serait peut-etre utile de dresser un bilan " cinq ans apres Istanbul". A savoir: le droit au logement avec un logement adequat pour tous, l'acces au patrimoine foncier, l'amelioration de l'environnement urbain, la sane, etc. ont - ils connus un commencement d'execution, l'objectif de developpement durable (associant perspectives economiques, sociales et environnementales) mais aussi ne l'oublions pas l'elimination de la pauvrete (voir de ce point de vue la declaration de Rio) ont-ils connu des progres significatifs ?

La reponse peut effectivement recherchee dans des experiences localisees permettant de demontrer qu'ici ou la des progres ont ete realises qu'il existe des methodes alternatives efficaces pout repondre aux enjeux du monde contemporain.

Cependant les economistes, les sociologues, les geographes, les juristes (dont je suis) doivent me semble-t-il aller plus loin.

En placant l'humain au coeur de la reflexion, il me parait necessaire d'interroger les acteurs de la conference d'Istanbul. De ce point de vue y a-t-il des indices qui permettent d'identifier une avancee, la realisation des objectifs poses lors d'Habitat 2, dans un monde qui, depuis la conference a renforce interdependance et la mondialisation. Si je me refere aux derniers rapports de l'ONU, de l'OMS ou des travaux relatifs a la Conference sur les changements climatiques (affirmation des permis negociables) ou la Conference de La Haye sur l'eau, les resultats sont peu probants.

Alors les chercheurs doivent poser les fondements d'une realisation effective des objectifs d'Istanbul c'est a dire au moins:

- la realisation du droit au logement; - les conditions d'une pratique durable de la ville comme horizon desormais indepassable, sans omettre le necessaire equilibre avec les zones rurales.

Des lors se trouvent poses les elements de reflexion qui peuvent contribuer a l'emergence de solutions adaptees:

- Les societes ne pourront resoudre leurs problemes d'implantation sur les territoires sans une approche a la fois globale et locale permettant de bien identifier des objectifs fondamentaux (logement, sante environnement par exemple), ce qui signifie des politiques publiques et des moyens adaptes. La place des services structurants, les politiques foncieres peuvent y contribuer par exemple;

- Les institutions occupent une place privilegiee. Mais il s'agit de bien preciser lesquelles et pour quelle fonction. Ne sommes nous pas dans la plupart des pays sur des schemas de fonctionnement adaptes a des societes de la moitie du 20me siecle alors que les problemes poses exigent d'autres perspectives, d'autres niveaux d'intervention;

- Les instruments en vigueur repondent-ils au niveau pertinent d'intervention? Aujourd'hui et de plus en plus les problemes a resoudre imposent la transversalite. Outre les question simplement humaines, il s'agit de repondre a la fois aux preoccupations relatives a l'eau, aux dechets, a l'air, au sol etc. en termes a la fois quantitatifs et qualitatifs, or les instruments en vigueur sur la pluparet des continents sont essentiellement sectoriels. Ou en est par exemple la pratique des agendas 21 locaux. Souvent leur mise en oeuvre semble se heurter aux cloisonnements institutionnels, une veritable demarche integree est encore a inventer.

- La participation apparait encore le plus souvent balbutiante. Il s'agit de poser les conditions d'une participation effective, certes quant aux conditions de vie de tous mais aussi quant aux prises de decisions majeures quant a la structuration du tissu urbain. Des lors que le public ne peut participer a la prise de decision, sur les objectifs majeurs (politiques publiques, plan et programmes, maitrise fonciere, implantation des services structurants, equilibre dans l'evolution urbaine, realisation des droits, identification des obligations), la particicpation n'apparait alors que comme un mode residuel de concertation sur la resolution de diffcultes localisees. Generalement cette demarche masque la volonte reelle de participation, indicateur majeur de l'absence d'objectifs coherents et de moyens adaptes.

Cinq ans apres Istanbul, les villes ont generalement connu une expansion croissante avec des difficultes correspondantes, il ne me parait pas evident que les orientations adoptees par les Etats, exemple sur les tranferts des pays "developpes" vers les pays dits "en voie de developpement" aient bien ete mis en oeuvre.

Le champ des perspectives et des pratiques effectives me semble totalement ouvert.

B. Drobenko

CRIDEAU. Universite de Limoges 32 Rue Turgot 87 000 Limoges France <drobenko@drec.unilim.fr>

Last changed: March 13, 2002